Le 13 août 2026, Instagram a dévoilé un nouveau logotype, annoncé par Adam Mosseri sur Instagram et Threads. La plateforme le présente comme une version plus moderne de son identité, tout en conservant l’ADN du précédent : quelque chose de simple et humain.
L’icône de l’application reste inchangée. Seul le wordmark, c’est-à-dire la typographie du mot « Instagram » visible en haut du fil, évolue. Un élément qui n’avait pas été modifié depuis 2016, soit dix ans.
Le travail a été réalisé en interne par les équipes de marque d’Instagram et de Meta.
L’argument avancé par Instagram est simple : le logotype n’avait pas été retouché depuis 10 ans, il était donc temps de le dépoussiérer. Mais l’ancienneté d’un logo ne suffit pas, à elle seule, à justifier une refonte.
Le second argument est plus intéressant. Une écriture cursive apporte une dimension personnelle, qui fait écho à la promesse d’Instagram depuis ses débuts : être une vitrine de l’expression personnelle. Avec cette typographie à mi-chemin entre manuscrit et numérique, la marque cherche ainsi à renouer avec cette idée.
Enfin, le nouveau logo fait un clin d’œil à l’histoire de la marque. Instagram utilisait déjà une écriture cursive lors de son lancement en 2010. Le nouveau tracé ne la reprend pas à l’identique, mais s’en inspire suffisamment pour créer une continuité plutôt qu’une rupture.
Concrètement, qu'est-ce qui change ?
> La forme des lettres : la typographie devient plus compacte et plus grasse, avec des lettres comme le « s », « r » et « g » plus organiques, pour un rendu plus doux.
> Le style : un entre-deux entre calligraphie manuscrite et numérique classique.
> L’icône : elle reste inchangée. Le carré au dégradé rose-orange demeure, mais sera peut être moins utilisé dans les futurs supports de la marque.
> Le déploiement : la transition sera progressive, supports par supports.
Graphiquement, l’évolution reste donc mesurée : pas de nouvelle couleur, de symbole ou de refonte globale. Seul le lettrage évolue, dans une direction cohérente avec l’histoire de la marque.
" Un bon design sait quand s'effacer. Nous avons tout épuré pour que ce soit la communauté qui brille, pas seulement l'identité visuelle. "
- Directrice Créative d'Instagram
Ce qu'on pense ?
Le changement reste sobre et maîtrisé. Instagram n’a pas cherché à tout réinventer.
Le fait de garder l’icône intacte limite la casse, c’est elle que les utilisateurs reconnaissent en un coup d’œil sur leur écran.
Le motif du « ça faisait dix ans » me convainc peu : ce n’est pas un argument stratégique.
L’idée d’individualité et d’expression personnelle est bien plus solide, mais elle a été communiquée bien plus tard.
Les critiques n’ont pas manquées : la nouvelle forme du « r » a inspiré le surnom moqueur « Instagzam », largement repris sur les réseaux, notamment par des marques concurrentes.
Au-delà de la blague, la question des problèmes de lisibilité à petite taille et d’accessibilité se pose vraiment.
Un changement cohérent et juste en retard !
En effet, ce travail typographique n’est pas sorti du chapeau.
Il fait simplement suite au premier « rebranding » d’Instagram en 2022.
Ils avaient proposé une toute nouvelle typographie « Instagram Sans »
Développée avec Colophon et des typographes du monde entier, elle s’inspire du logo et du « squircle », une forme entre le cercle et le carré emblématique de la marque.
Disponible en Regular, Headline et Condensed, elle s’adapte aux différents usages. Sa structure aux formes douces et arrondies intègre aussi des détails spécifiques sur certaines lettres, comme le « Q » et le « @ ».
L’accessibilité est également au cœur du projet : plus de 40 typographes et spécialistes des langues ont contribué à adapter la police à différents systèmes d’écritures. L’objectif est de créer une typographie reconnaissable, flexible et accessible.Le logo était donc quasi déjà présent.
Il a juste été peaufiné et est bien basé sur la même direction artistique prévue en 2022.
3 conseils à retenir :
> Changer un logo « parce qu’il est vieux » ne suffit pas. L’ancienneté d’un visuel n’est jamais, à elle seule, une raison stratégique. Le vrai argument doit porter sur ce que la marque veut dire aujourd’hui, pas sur une date anniversaire.
> Testez la lisibilité avant, pas après. Un détail comme la forme d’une seule lettre peut suffire à faire dérailler toute la communication autour d’un rebranding. Un test à petite échelle, aurait pu anticiper une partie des retours.
OU c’est complètement volontaire & assumé (comme pour Instagram) et dans ce cas tout est bon, mais les critiques feront partie du jeu.
> Rebranding ne veut pas dire « changer de logo ».
Le logo est un élément central de l’identité visuelle, mais il n’en constitue pas l’ensemble. Une entreprise peut donc faire évoluer son identité en modifiant uniquement ses couleurs, typographies, motifs ou autres éléments graphiques.
Le rebranding de Bonduelle en est un bon exemple : le logo a peu changé, tandis que le packaging, les couleurs, les motifs et les typographies ont été largement retravaillés.
Découvrez mon travail
Identités visuelles, supports de communication : je vous accompagne pour une identité cohérente et stratégique.
Des solopreneurs aux grandes entreprises, je vous accompagne dans vos besoins graphiques.
Geberit, Canson, Bosch et plus de 60 autres clients m’ont fait confiance.